Une crise qui révèle la fragilité de races bovines à petits effectifs
La DNC n’a pas seulement mis en difficulté des exploitations. Elle a aussi révélé la vulnérabilité de races bovines de montagne dont les effectifs restent limités et dont la reconstitution, en cas de crise, demande du temps, des moyens et une organisation collective.
En montagne, remplacer un troupeau ne se résume pas uniquement à retrouver des animaux. Il faut préserver des lignées, des qualités d’adaptation au territoire, des équilibres d’élevage et des savoir-faire qui se construisent dans le temps long.
Anticiper les crises sanitaires plutôt que subir
Face à ce type d’épizootie, l’enjeu n’est pas seulement de réparer après coup. Il est aussi de mieux anticiper les crises à venir, qu’il s’agisse de la DNC ou d’autres risques sanitaires susceptibles d’affecter demain les troupeaux de montagne.
Renforcer la résilience des troupeaux, c’est donner à la filière les moyens de réagir plus vite, de préserver ses races emblématiques et de sécuriser sa capacité de reconstitution lorsque survient un choc majeur.
L’engagement de Montagne Vivante : agir en amont pour sécuriser l’avenir
Montagne Vivante concentre son action sur l’amont de la filière. L’objectif est de contribuer à la sécurisation des races bovines de montagne, en soutenant les démarches qui permettent de préparer l’avenir plutôt que de répondre uniquement à l’urgence.
Concrètement, cela passe par :
- un appui à la sélection des animaux,
- à la création et à la conservation d’embryons (constitution de réserves embryonnaires),
- ainsi qu’à l’élevage de génisses non productives.
Ces leviers doivent permettre de préserver un potentiel de reconstitution des troupeaux si une nouvelle crise sanitaire venait à survenir.
Cette approche de long terme vise avant tout à consolider la résilience collective de la filière et à mieux protéger des races comme l’Abondance et la Tarine, profondément liées à l’identité agricole et paysagère de nos montagnes.
Une mobilisation collective à l’échelle du territoire
La crise liée à la DNC rappelle combien l’élevage de montagne dépasse le seul cadre agricole. Derrière les troupeaux, il y a des paysages, des alpages, des fromages sous signe de qualité, une attractivité touristique et, plus largement, une part essentielle de l’identité de nos territoires. Dans ce reportage de France 3 Alpes réalisé à Mountain Planet 2026, plusieurs témoignages viennent le rappeler. Au Grand-Bornand, le soutien apporté à l’action du Fonds souligne le lien direct entre les vaches de montagne, les productions fromagères et l’image des vallées alpines. À Combloux, Claude Chambel, maire, agriculteur et moniteur de ski, évoque quant à lui une solidarité montagnarde concrète, fondée sur un constat simple : aider les agriculteurs, c’est aussi préserver ce qui fait vivre le territoire.
Ce reportage met également en lumière le travail engagé par Pierre Lachenal, le président de Montagne Vivante, pour rapprocher stations et éleveurs, afin de construire des coopérations durables. Car sécuriser l’avenir des races bovines de montagne, c’est aussi défendre l’équilibre entre agriculture, tourisme, paysages et vie locale.
Pourquoi préserver les races bovines de montagne est essentiel
- Parce qu’elles sont adaptées à des conditions d’élevage spécifiques en montagne.
- Parce qu’elles participent à la vitalité des alpages et des filières fromagères de territoire.
- Parce qu’elles portent un patrimoine génétique, agricole et culturel difficilement remplaçable.
- Parce qu’anticiper les crises sanitaires est devenu une condition de pérennité pour l’élevage de montagne.
Préserver aujourd’hui pour pouvoir reconstruire demain
En soutenant cette démarche, il ne s’agit pas seulement de répondre à une crise passée. Il s’agit de donner aux territoires de montagne des outils concrets pour mieux faire face à celles qui pourraient venir, sans perdre ce qui fait leur force et leur singularité.
Préserver les races bovines de montagne, c’est protéger bien plus que des troupeaux. C’est défendre des paysages, des pratiques d’élevage, une capacité de transmission et une part essentielle de la vie de nos massifs.
